Le manga est aujourd’hui une industrie fleurissante en France, mais il n’a pas toujours jouit d’une telle notoriété. En effet, il y a une dizaine d’années, aux environs de l’année 2000, le manga ne s’étalait pas sur des centaines de mètres carré, comme nous le voyons aujourd’hui dans les grandes enseignes. Pas ou peu de salons se consacraient à ce loisir d’extrême Orient, peu considéré et mal vu.

Il aura fallut attendre la publication du manga Naruto en 2002 pour qu’un élan nouveau naisse et voir peu à peu la star des années ’90 reprendre son importance d’antan. On ne compte plus, les évènements organisés, avec plus ou moins de succès, qui gravitent autour de la culture japonaise. Ce regain d’intérêt pour l’archipel du soleil levant, s’explique – selon moi – par la facilité avec laquelle le manga plonge le lecteur au coeur d’une civilisation qui lui est étrangère. Le manga se présente comme des cours de civilisation japonaise disséminé au coeur d’un scénario prenant. L’expressivité du dessin caractéristique première du manga, facilite la mémorisation de cette leçon.

Comment le manga, média oublié du grand publique a-t-il su renaître de ces cendres, comment expliquer un tel essor et une popularité sans cesse grandissante (cf. l’évolution de la fréquentation de la Japan Expo!) ? Outre les efforts déployés par les éditeurs, qui n’ont de cesse de butiner les étals japonais en quête de la fleur rare, au parfum enivrant, aux couleurs exotiques, pour le plaisir de satisfaire le lectorat occidental, a qui devons-nous cette résurrection inespérée ?

Il serait bon de rendre à César ce qui appartient à César. Les honneurs sont à remettre aux passionnés de la premières heures, à ces lectrices et lecteurs investis, qui engloutissent leur temps pour promouvoir et répandre leur passion ardente : le manga et plus largement la culture japonaise. Ces ambassadeurs de l’ombre ont développé leur propre réseau, on bâtit de leur mains nues le socle nécessaire à l’exportation et à la propagation de la culture japonaise en Occident.

Je tiens à remercier celles et ceux, qui ont cru dans leur rêve et qui ont réussi à l’atteindre à force d’investissements. Je ne les remercierai jamais assez pour leur opiniâtreté qui a eu raison de la distance qui nous sépare du Japon et qui a brisé la barrière culturelle. C’est donc avec tristesse que je salue la défunte communauté raw-paradise.

Dorénavant, vous pouvez en lieu et place de leur site Internet (cf. l’ex site raw-paradise.com) vous trouverez une page de la Shueisha. Bon vent les amis, nous n’oublierons pas que c’est à vous que l’on doit la résurgence du manga en France et pour cette raison, je vous remercie et vous souhaite “bon voyage” et ganbatte pour vos projets futurs.

Raw-paradise rejoint donc mangahelper au paradis mais restera à jamais gravé dans nos mémoires.